Moûtiers: il fracasse une bouteille de verre sur la tête d’un passant, prison ferme

Moûtiers: il fracasse une bouteille de verre sur la tête d’un passant, prison ferme

Le 25 mai, l’épopée éthylique du duo atteint son paroxysme. Ahmed, s’en prend à la voiture d’une connaissance, lui brisant son pare-brise et sautant à pieds joints dessus : «  Il avait agressé un proche », se justifie-t-il. Sommé par les gendarmes de se calmer et se soumettre, il les insulte et les menace de mort. « Toi, où que tu ailles ; je vais te tuer, toi et ta famille ». Mohamed, son acolyte, estimant son cousin en fâcheuse posture, bondit à son tour sur les gendarmes, leur crachant dessus et multipliant les noms d’oiseau… en français. Ce lundi, c’est avec une traductrice qu’il répond de ces faits et d’une agression précédente où il avait frappé un homme par derrière avec une bouteille de verre, nécessitant la pose de 15 points de suture !

Si tous les deux regrettent leurs gestes, ils les imputent à l’alcool et la violence présumée de leurs victimes. S’adressant à Mohamed, la juge Chambellant s’étonne : « Vous êtes en France depuis 6 ans et Moûtiers depuis 4 mois, vous travaillez ? » « Je n’ai trouvé ni emploi, ni mission d’intérim. » « Pourtant, vous avez réussi à formaliser une demande de RSA ». « Oui, mais je n’ai pas trouvé de travail car je suis handicapé, on m’a agressé à Moûtiers il y a un an ». « Je croyais que vous étiez arrivé il y a quatre mois ? » Il ne répond pas, son interprète reste muette. Ahmed joue la carte du repenti, «  Laissez-moi une chance, je veux voir grandir mes enfants ». La procureure Sophie Mauboussin s’agace : « Si on reprend vos dépositions, ce n’est jamais de votre faute, vous êtes des victimes ! Jamais vous ne vous remettez en question. Aujourd’hui, Ahmed fait bonne figure, mais en garde à vue, il n’a cessé d’outrager les gendarmes ». S’appuyant sur un casier qui s’emballe depuis 2021 et la terreur que le prévenu fait régner sur son voisinage, elle requiert 8 mois de prison plus la révocation d’une peine de 4 mois d’une précédente peine. « Et on ne peut envisager de lui mettre un bracelet électronique car il a été condamné pour violences conjugales précédemment ». Pour Mohamed, c’est 12 mois qu’elle demande, avec maintien en détention. Maître Adduci parle de clients fragiles mais gentils dont le seul problème est l’alcool, «  ils n’ont pas besoin d’aller en prison mais d’être suivis ».

Ahmed écope d’une peine de 8 mois avers sursis probatoire renforcé et une série d’obligations. Mohamed est lui sanctionné d’une peine de 12 mois de prison dont 6 ferme avec maintien en détention.