Art ancestral japonais, le Kyudo sera à l’honneur pendant deux jours à Publier

Les adeptes du Kyudo apprennent à parfaire l'importance du cérémonial de la pratique à travers chaque geste.
Les adeptes du Kyudo apprennent à parfaire l'importance du cérémonial de la pratique à travers chaque geste.

Le Kyudo, qui signifie ‘‘voie de l’arc’’ en japonais, est un art ancestral que devaient maîtriser les guerriers et samouraïs japonais, avant que les armes à feu apparaissent au XVIe siècle et éloignent les arcs des champs de bataille. Depuis, la pratique est restée un art mais aussi une voie de réalisation personnelle puisque, outre la finalité du tir dans une cible au ras du sol, elle demande, comme toute pratique de haut niveau, une grande maîtrise du mental et des émotions, à travers une chorégraphie ritualisée du tir à l’arc.

Une progression de 50 % de l’effectif

Il y a vingt ans, c’est Pascal Colmaire qui crée le club de Kyudo Chablais. Adepte du tir à l’arc sportif depuis l’âge de 14 ans, il fait toute sa carrière dans ce domaine sportif et découvre le Kyudo en 1988 et commence son apprentissage à Kyoto au Japon. Il a depuis fondé trois clubs : à Amiens, Ottawa (Canada) et Publier. Il aide à créer, fédérer et former des entraîneurs à travers le monde dans plus de 90 pays.

L'importance du gant et des proportions de l'arc sont essentiels. Tout le matériel est fabriqué au Japon.
L'importance du gant et des proportions de l'arc sont essentiels. Tout le matériel est fabriqué au Japon.

Le club de Kyudo Chablais compte aujourd’hui 23 membres, âgés de 10 à 78 ans. « C’est une pratique qui compte autant d’hommes et de femmes, accessible à tous même si, au vu de son côté posé et de la maîtrise qu’elle demande, elle serait un peu plus adaptée aux personnes ayant plus de maturité. Il n’y a pas d’âge pour commencer, notre doyenne âgée de 78 ans a débuté la pratique à l’âge de 76 ans et suit très régulièrement les cours, raconte le président du club. Cela attire les gens qui ont un intérêt pour leur développement personnel et cherche un réseau social. Les clubs de Kyudo comptent toujours peu de membres, et cette année, nous avons connu une progression de 50 % de notre effectif. Même si 23 membres semblent peu, pour un club de ce genre, ça commence à être bien. Nous faisons régulièrement intervenir des maîtres Kyudo en Europe afin d’enrichir la pratique. »

Le Kyudo Chablais fête ses 20 ans cette année. Samedi 11 et dimanche 12 juin se tiendra un stage dans la salle Athéna du centre sportif de la Cité de l’Eau, à Amphion. Stage qui sera exceptionnellement encadré par Tomoko Shimomura sensei, renshi 5e dan. Les deux jours, à 9h15, elle présentera une démonstration sous la forme d’un tir de cérémonie, ouvert au public.

Un art disciplinaire

La France compte une soixantaine de clubs de Kyudo. Cette pratique très cérémoniale commence par des saluts, et s’enchaîne avec des ‘‘sharei’’, sorte de chorégraphie à 5 archers en général, qui visent l’évolution harmonieuse du groupe, à travers des gestes précis et posés où seul le moment présent compte. Une grande concentration qui se termine par un tir de deux flèches sur la cible, un tambour de 36 cm de diamètre posé près du sol. Les arcs sont très grands, environ 2,20 m. Le gant est une pièce maîtresse de la pratique avec son pouce endurci.