La papette gessienne, dessert des vogues, bals et fêtes de pays

François Reygrobellet, 86 ans, revient sur l’histoire de la papette.
François Reygrobellet, 86 ans, revient sur l’histoire de la papette.

Pas de gomme en Pays de Gex… mais de la papette ! A Gex, chez Reygrobellet, « on fait de la papette depuis 3 générations », clame fièrement François Reygrobellet, du haut de ses 86 ans, « et cela avec du lait et des œufs qui viennent directement de la ferme Grosfillex. La papette, c’est une brioche avec une crème pâtissière. Et c’est tout ! Rien d’autre ! A la pâtisserie Gavaggio qui n’existe plus aujourd’hui, Emile ajoutait de la fleur d’oranger. » C’est d’ailleurs ainsi qu’elle est réalisée dans le Pays de Gex, aujourd’hui. « A l’origine, c’était le dessert des vogues, des bals et des fêtes de pays comme la Fête de l’Oiseau. C’était assez bourratif avec une crème assez lourde. Mon père a eu l’idée de mettre une crème pâtissière, ce qui a rendu la papette plus légère et savoureuse. »

La boulangerie Reygrobellet a été créée, en 1884, par Jean Reygrobellet. A l’époque, la boutique Reygrobellet proposait du pain, de la petite épicerie et du charbon.

« Puis son fils François, mon grand-père, a continué la tradition familiale. Mon père Jean (1912-2005) a repris la boulangerie vers 1938 avec son épouse Louise (1911-2003). Outre la boulange, il s’est mis à faire de la pâtisserie. » La papette devient alors l’un des produits phares de chez Reygrobellet. En 1973, François Reygrobellet reprend le magasin, à la suite de ses parents, avec sa femme Françoise, et cela jusqu’en 2001. Il se met à faire notamment des chocolats et de la glace que son père réalisait occasionnellement pour les fêtes. Il effectue même divers stages pour se perfectionner, dont plusieurs chez Gaston Lenôtre, à Paris. Depuis 2001, le neveu de François, Paul, tient les rênes du magasin et perpétue la réputation de la maison Reygrobellet.