Laurent Foucher, graphiste à Annemasse : « Je suis plus proche du crayon que de la calculette »

Les dessins de Laurent Foucher, ici dans son atelier à Annemasse ce mercredi 8 juin, ont du chien.
Les dessins de Laurent Foucher, ici dans son atelier à Annemasse ce mercredi 8 juin, ont du chien.

Laurent Foucher est un graphiste à l’ancienne, dans le bon sens du terme. Alors que la tablette graphique s’est imposée comme un outil incontournable dans son métier, que ses confrères qualifient de « fantastique », il continue d’éprouver le « besoin d’un contact avec le papier. » De même, bien que conscient que « cela [lui] fai[t] perdre des clients », il fuit les réseaux sociaux : « Je n’adhère pas.  »

Cette réticence aux écrans et à ce qu’ils peuvent avoir de toxique ne l’empêche pas d’être un professionnel reconnu, qui n’a jamais eu besoin de démarcher pour travailler : « De toute façon, quand on est graphiste, on n’est pas commercial, on ne sait pas se vendre. Je suis plus proche du crayon que de la calculette. »

C’est vrai depuis sa plus tendre enfance. À l’école, la qualité de ses dessins tape dans l’œil de son maître :

« J’avais peut-être un regard un peu différent, un peu plus précis. Quand je dessinais les jambes d’une vache, je faisais quatre traits, là où les autres s’arrêtaient à deux. »

Actif en France comme en Suisse

Aidé par l’artiste de Lucinges Martine Jaquemet pour préparer le concours d’entrée à l’École des arts décoratifs de Genève (aujourd’hui Haute école des arts et du design, NDLR) en 1989, il en ressort cinq ans plus tard titulaire d’un CFC (Certificat fédéral de capacité) en graphisme. Après l’armée et un stage de six mois dans une agence à Plan-les-Ouates, il crée en 1997 Toro bravo (taureau brave en espagnol, qui renvoie à sa passion pour l’équitation, proche du milieu taurin) un peu par défaut : « Le marché du travail était bloqué tant en France qu’en Suisse. » 25 ans plus tard, il collabore avec des entreprises comme Caran d’Ache, Jean Vaudaux ou Sivemat.