Avec la covid 19 et la variole du singe, ajoutez, cet été, le retour de la tique

La tique Ixodus ricinus responsable de la transmission de la maladie de lyme.
La tique Ixodus ricinus responsable de la transmission de la maladie de lyme. - Photo Erik Karits Pixabay

Un parasite présent partout

Avec la covid 19, la variole du singe qui est en train de se répandre en France et où on craint déjà une pandémie, et le moustique tigre, il faut de nouveau, comme chaque été, s’inquiéter du retour de la tique. À peu près présente partout dans la nature (sauvage ou domestique) en France.

le cycle de développement des tiques
le cycle de développement des tiques - Santé publique France source Eucalb

« Les tiques dures Ixodes ricinus vivent dans les forêts de feuillus, les sous-bois, les pâturages/prairies ; elles sont peu fréquentes dans les forêts de conifères. Elles peuvent être aussi rencontrées dans les zones boisées périurbaines et dans les parcs en ville ainsi que les jardins privés. Elles sont présentes dans la plupart des régions métropolitaines à l’exception de zones de haute altitude, de zones très sèches ou inondables. »

De plus en plus de tiques et d’infections

Et ce retour annuel n’est pas une mince affaire, la tique aurait déjà contaminé, avec la diffusion de la maladie de lyme, plus de 14 % de la population mondiale (selon une étude de l’INRAE) et la France serait comptable chaque année d’environ 50 000 cas d’infection, dont 800 hospitalisations (source Santé Publique France). Des chiffres (la réalité est sans doute beaucoup plus importante. La maladie est difficile à diagnostiquer et avec des symptômes qui n’y font pas forcément penser) en constante augmentation. Notamment du fait de saisons de plus en plus chaudes et sèches. De plus en plus de contacts avec le parasite, en particulier via les animaux domestiques et la migration d’animaux.

La carte de la présence des tiques sur le territoire.
La carte de la présence des tiques sur le territoire. - I. Lebert et al. Habitat suitability of Ixodes ricinus tick in France using multi-criteria analysis. Geospatial Helath Vol.17 n°

Aujourd’hui l’INRA travaille sur ces modélisations du phénomène par régions et par périodes à risque d’exposition. Et en fonction de la météo. Des sources d’information pour leur travail de prévention. « En regroupant les informations des 631 campagnes de collectes, ils ont développé un modèle statistique permettant d’estimer l’activité des tiques en fonction du lieu, de la saison et des variations météorologiques. Ce modèle permet d’expliquer très majoritairement les variations d’activité de tiques observées », indique l’INRAE.

La bactérie et ses conséquences

Ce parasite (la tique dure du genre Ixodes ricinus) inocule une bactérie « du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato » selon Santé Publique France, qui peut ne procurer aucun symptôme, mais beaucoup plus gravement déclencher la maladie lyme ou borréliose de lyme. « Dans les études américaines le risque de transmission apparaît faible pour des durées d’attachement inférieures à 72 heures. En Europe, des données expérimentales et cliniques ont montré que ce délai est plus court avec un risque augmenté après 24 heures d’attachement. Ce délai dépend du vecteur et de la bactérie car il a été démontré que la transmission de B.afzelii est plus rapide que celle de B. burgdorferi sensu stricto. »

Quand autour de la piqûre de la tique est constatée (une surveillance après piqûre est nécessaire, car souvent cette dernière peut passer inaperçue), une rougeur qui s’étale, il est impératif de consulter, de faire diagnostiquer la maladie et de bénéficier d’un traitement antibiotique le plus précocement possible pour avoir les meilleures chances d’élimination de la bactérie et de la maladie.

Les symptômes les plus fréquents en cas d’infection sont :

L’érythème migrant : il est la manifestation la plus fréquente (60 à 90 % des cas) et la plus évocatrice de la borréliose de Lyme.

Pour la borréliose précoce disséminée :

des manifestations neurologiques (neuroborrélioses : méningoradiculite, paralysie faciale, méningite isolée, myélite aiguë)

plus rarement de manifestations articulaires (arthrite avec notion d’épanchement d’une grosse articulation comme le genou), cutanée (lymphocytome borrélien), cardiaques ou ophtalmologiques

Pour la borréliose tardive disséminée :

Elle survient plusieurs mois voire années après la piqûre de tique et est caractérisée par des manifestations : articulaires, cutanées (acrodermatite chronique atrophiante), neurologiques spécifiques rares (encéphalomyélite)

Pour se protéger au mieux

Les vêtements longs, notamment sur les jambes et les bras, un chapeau pour les enfants, restent le meilleur rempart contre le risque de pique de tique. Après chaque sortie nature, il est impératif de se contrôler soi-même et tout le reste de la famille. Pour trouver la présence de tique ou de piqûres. « Il faut absolument inspecter toute la peau, les endroits qu’on ne voit pas bien comme sous la fesse ou dans le cuir chevelu. Il faut répéter l’inspection du corps plusieurs jours de suite, parce que parfois les tiques sont tellement petites qu’on ne les voit pas et c’est quand elles mangent qu’elles grossissent et qu’on pourra mieux les voir », explique Alice Raffetin, responsable du centre de référence de la maladie de Lyme de Villeneuve Saint-Georges.

Pour retirer la tique, il faut utiliser un tire-tique.