Le greffe du tribunal de Bonneville « à bout de souffle »

Le personnel du greffe du tribunal de Bonneville réuni fin d’alerter sur leurs conditions de travail qui ne cessent de se détériorer.
Le personnel du greffe du tribunal de Bonneville réuni fin d’alerter sur leurs conditions de travail qui ne cessent de se détériorer.

Il était 14 heures, ce mardi 21 juin, quand le personnel du greffe du tribunal de Bonneville s’est rassemblé devant le Palais de justice pour faire état des multiples difficultés auxquels ils doivent faire face depuis de nombreux mois. Une situation qui ne cesse de se détériorer, comme ils le rappellent.

Un manque « cruel » d’effectifs

« Les agents maintiennent à bout de bras les services du tribunal dans l’intérêt des justiciables mais sont à bout de force », fait remarquer leur porte-parole, Maëlle Ducher dans un texte qu’elle a lu devant ses collègues.

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Première difficulté rencontrée et non des moindres, puisqu’elle influe profondément sur leur qualité de travail, le manque « cruel » d’effectifs. « Au 8 juillet, le personnel de greffe affichera un déficit de 40 %, faisant état de dix postes vacants, ainsi que de multiples arrêts maladie (principalement dus à une surcharge de travail, Ndlr). Ce qui porte à seize le nombre de personnes manquantes. » Maëlle confirme qu’au mois de décembre, ce déficit n’était «que» de 33 %, alors qu’ils avaient déjà alerté la Cour. Les conditions ne cessent donc d’empirer. « C’est de pire en pire et rien ne bouge ! », s’exclame-t-elle. Ses collègues ne mâchent pas leurs mots : « Bonneville c’est le pire des tribunaux au niveau de la juridiction de la cour d’appel ! » Nous apprenons que malgré les besoins et les demandes de personnel, les postes vacants ne sont pas publiés par le ministère, ni proposés en mutation.

Au détriment du public

Ainsi, elle nous apprend que le service d’accueil unique du justiciable et l’accueil dans les services ont dû être fermés l’après-midi afin de faire tourner au mieux la juridiction. « Tout ça c’est au détriment du public et des justiciables. » L’épuisement du personnel qui « porte à bout de bras le maintien de l’activité du tribunal » s’épuise à combler les postes vacants. « La situation n’est plus tenable, poursuit-elle. Les vacataires sont amenés à avoir, seuls, le fonctionnement des services et les greffiers stagiaires aident au maintien à flots de la barque au détriment de leur formation. » Aujourd’hui, ils se sentent démunis et tous les recours semblent avoir été faits. Une psychologue du travail et une inspection n’ont eu aucun retour concret. Le comble serait de voir le greffe porter une action devant le tribunal des Prud’hommes… dont il s’occupe aussi.

Autre constatation, la vétusté des bureaux et de leurs moyens de travail (bureaux, logiciels.) « Tout est obsolète à Bonneville ! », crie encore celle-ci. « Que veut-on ? La fermeture du tribunal de Bonneville ? On se le demande ! » une question qui résonne depuis plusieurs années déjà dans les couloirs du palais.