Une fillette de 11 mois meurt intoxiquée dans sa crèche

Une fillette est morte à la crèche après avoir ingéré du déboucheur pour canalisation. Une enquête pour homicide volontaire est ouverte.
Une fillette est morte à la crèche après avoir ingéré du déboucheur pour canalisation. Une enquête pour homicide volontaire est ouverte. - Capture d’écran Google Maps

D’homicide involontaire à homicide volontaire

Mercredi 22 juin 2022, vers 7 h 45, une fillette est déposée à la crèche par son père. Une quinzaine de minutes plus tard, les sapeurs-pompiers sont appelés d’urgence pour secourir l’enfant retrouvée inanimée. Malgré leurs tentatives et l’hospitalisation à l’Hôpital Femme mère enfant (HFME) de Bron, le bébé ne survivra pas. D’après les premiers éléments, à la suite d’une ingestion d’un produit toxique. Une enquête a alors été ouverte pour homicide involontaire.

Un chef d’accusation qui en fin de semaine dernière, vendredi 24 juin, va radicalement changer pour homicide volontaire. Les aveux de responsabilité de la seule agent présente dans la crèche au moment des faits ont imposé ce revirement. Placée en garde à vue, cette femme de 27 ans qui venait d’avoir son CAP d’accompagnement éducatif petite enfance et avait été employée en mars 2022, a admis, excédée par les pleurs de la fillette, l’avoir aspergée et lui avoir fait ingérer le produit toxique, en l’occurrence du déboucheur de canalisation. L’employée a été placée dans la nuit de vendredi 24 samedi 25 juin, en détention provisoire.

« Un geste malheureux et maladroit »

D’après l’avocat de la prévenue, sa cliente, fragile, était dans une situation et une période perturbée, suite à l’incarcération de son compagnon. Toujours selon lui, elle aurait commis un « geste malheureux et maladroit qui a eu des conséquences très graves ». Il a expliqué qu’elle aurait « disjoncté » et aurait eu ce geste sans « volonté d’homicide ». « Elle était résignée sur son sort. Depuis mercredi, elle est sonnée et traumatisée par les conséquences de son geste », a-t-il aussi remarqué.

Une expertise psychiatrique et psychologique de l’employée est attendue.

Un contexte de crèche dégradé d’après des parents

Certains parents qui fréquentent ou ont fréquenté cette même crèche pour leurs enfants, c’est BFMTV qui le rapporte, ont témoigné d’une situation de crèche qui les inquiète. Où la gestion se serait dégradée au fil du temps. Comptant des burn-outs, de nombreux arrêts maladies, le départ de nombreux employés qualifiés remplacés par des stagiaires, des intérimaires, un effectif insuffisant pour encadrer dans de bonnes conditions tous les enfants accueillis. « Depuis plusieurs mois, c’est le chaos : le personnel de qualité et de longue date quitte le navire ou se met en arrêt maladie, depuis plusieurs mois, nous laissons nos enfants à des inconnus, des intérimaires recrutés du jour au lendemain », raconte une mère à BFM.