Annecy : la sécurité et la propreté du centre-ville dans le viseur de l’opposition qui réclame des «mesures fortes»

Les élus se sont réunis en conseil municipal ce lundi 27 juin. 63 points étaient à l’ordre du jour.
Les élus se sont réunis en conseil municipal ce lundi 27 juin. 63 points étaient à l’ordre du jour.

L’ambiance était électrique en conseil municipal ce lundi 27 juin. Certains élus de l’opposition ont dressé un tableau plutôt sombre de l’état de la ville d’Annecy en matière de sécurité et de propreté.

Une qualité de vie détériorée

Selon Ornela Dulellari, conseillère municipale, ce phénomène est tel que « les habitants ne reconnaissent plus leur ville ». Dans son plaidoyer, l’élue pointe la vitesse à laquelle la qualité de vie s’est dégradée à Annecy, depuis sa montée sur la première marche du podium des Meilleures villes de France, à la vidéo virale de la bagarre survenue le 12 juin sur la plage de l’Impérial. « Que s’est-il passé en seulement deux ans pour que l’image de la ville bascule ainsi », s’indigne-t-elle.

Elle fustige le maire François Astorg et sa majorité. « Force est de constater que depuis votre élection et celle de votre équipe, un phénomène que l’on nommait avec euphémisme  «incivilité» est devenu «insécurité et violence»  ! ». Un clin d’œil à la vague de violences qui a déferlé l’an dernier sur le Pâquier, en marge de la fête de la musique.

« Les exemples ne manquent pas, ironise-t-elle, évoquant aussi l’arrestation en mai dernier de deux lycéennes après une violente altercation au couteau près de la gare, ou plus généralement le ras-le-bol des habitants de la vieille ville face à l’explosion des incivilités.

Hausse de la délinquance

Un avis partagé par Anthony Granger, conseiller municipal LR, qui rapporte des « accidents de plongeoirs et des faits de petite délinquance et de drogue » réguliers sur les plages.

En face, Pierre Geay, adjoint au maire chargé de la tranquillité publique, assure que tout ceci est « la face cachée de la médaille » d’une ville frontalière et touristique telle qu’Annecy. « Depuis la sortie post-Covid, certains individus se lâchent complètement », affirme-t-il.

L’élu admet volontiers qu’« Annecy est très touché par le trafic de stupéfiants », et va même jusqu’à mettre en lumière un problème «  très inquiétant » sur le bassin : « la hausse des violences conjugales ». L’adjoint au maire nuance tout de même ses propos, avec « des nuisances et des agressivités souvent saisonnières ».

Des poubelles qui débordent

Sur le volet de la propreté, l’élu de droite Anthony Granger se montre tout aussi alarmiste : « nous recevons régulièrement des photos d’Annéciens en promenade, choqués par des poubelles débordantes ».

Un fléau qui, d’après l’élu de droite, se propage désormais à la plage de l’Impérial, – jusque-là épargnée –, mais qui ne date pas d’hier au Pâquier, aux Marquisats ou à Albigny.

Il conclut en demandant au maire de « faire preuve de courage » en prenant « des mesures fortes de prévention ».

Axes de travail

Sur le volet de la sécurité, du chemin reste encore à parcourir, notamment face aux « nuisances et l’insécurité engendrées par une occupation agressive et bruyante de l’espace public », relève Pierre Geay, adjoint au maire chargé de la tranquillité publique. Selon lui, « la mairie doit porter un effort significatif pour coordonner ses actions policières ».

Concernant les effectifs, la Ville commence à « entrevoir l’arrivée de policiers municipaux » et va déployer des médiateurs d’ici septembre.