« Le Léman sera toujours un joli lac de baignade mais on perd tout le poisson »

Au fil des ans, il y a moins en moins de poissons... et de pêcheurs dans le lac Léman. Photo d’illustration G. Mouchet
Au fil des ans, il y a moins en moins de poissons... et de pêcheurs dans le lac Léman. Photo d’illustration G. Mouchet

Hubert Chanove, dans la lignée de son père, propose du poisson du lac Léman, grâce à Serge Carraud, pêcheur professionnel basé à Chens-sur-Léman. L’omble chevalier fait par exemple partie des produits qu’il adore travailler avec « sa chair, fine, noble  ».

« 5 ans que le lac ne s’est pas régénéré naturellement »

Problème, le réchauffement climatique impacte depuis déjà plusieurs années les eaux du Léman et son écosystème. « On trouve de moins en moins de poissons. Cela fait cinq ans qu’il ne s’est pas régénéré naturellement car la température de l’eau ne descend pas suffisamment pour que de nouvelles algues, le poumon du lac, ne poussent et exercent au mieux leurs fonctions filtrantes, explique le chef étoilé du Refuge des Gourmets à Machilly. Avec des températures trop chaudes, les moules se sont aussi développées et mangent les micro-organismes des poissons. Le Léman sera toujours un joli lac de baignade avec des eaux claires mais on perd tout le poisson. »

« Avec le prix de l’essence, faire un aller/retour sur le lac pour 10 féras, ce n’est pas rentable »

En conséquence, le nombre de pêcheurs a déjà baissé drastiquement. « Le mien, dont la famille pêche depuis quatre générations, pense à passer à mi-temps. Avec le prix de l’essence, faire un aller/retour sur le lac pour 10 féras et quelques écrevisses, ce n’est pas rentable  », souffle l’homme de 33 ans. Pour lui, l’avenir se situe sûrement dans les piscicultures du coin. « Il y en a qui travaillent avec des eaux filtrées, de montagne, avec une alimentation naturelle et non synthétique. Dans quelques années, il n’y aura que ça. »