Le patron de Nestlé se confond en excuses auprès des victimes des pizzas Buitoni

Le patron de Nestlé vient de présenter ses excuses aux victimes de contamination à la bactérie echerichia-coli.
Le patron de Nestlé vient de présenter ses excuses aux victimes de contamination à la bactérie echerichia-coli. - Photo d’illustration Pixabay

Les éléments de l’affaire

En mars 2022, Buitoni une des marques phares du groupe Nestlé, alertée par Santé Publique France d’une possible contamination à la bactérie echerichia coli, rappelle plus d’un million de pizzas surgelées Fraich’Up. Deux autres gammes de pizzas surgelées seront aussi soupçonnées : la Bella Napoli et la Four à pierre. Au total, plus de 75 cas d’infection seront recensés, avec des situations d’hospitalisation, de complications et des conséquences sur la santé parfois graves (syndromes hémolytiques et urémiques).

Le 1er avril 2022, le parquet de Paris ouvrait une enquête pour homicide involontaire, tromperie et mise en danger d’autrui. Ce même mois, la marque Buitoni avait fait l’impair de proposer à une famille de victime, en compensation, un bon d’achat de 20 euros. Le groupe s’était alors excusé de son geste maladroit.

Les excuses du patron de Nestlé

Quatre mois après, l’affaire rebondit avec, cette fois, les excuses de Christophe Cornu, le patron de Nestlé, aux victimes et aux familles. Excuses exprimées dans les colonnes du Figaro : « Cela fait plus de 150 ans que Nestlé est en France. Jamais nous n’avons connu une crise pareille. Plus qu’une crise, c’est un drame humain, où des familles et des enfants sont touchés. Je veux aujourd’hui exprimer ma plus profonde compassion et présenter mes excuses ».

Ajoutant à cela, dans l’attente des conclusions de l’enquête sur l’implication des pizzas dans les infections à l’echerichia-coli, la volonté du groupe de créer un fonds de soutien en faveur des victimes. Fonds qui précise le dirigeant, ne substituera pas aux indemnisations que pourrait décider la justice. Il sera mis en place dès le 1er septembre 2002 et administré par une association choisie par Nestlé.

Christophe Cornu a aussi assuré qu’il n’y aurait pas de redémarrage de l’usine de production des pizzas à Caudry dans le Nord (elle avait été fermée au moment des faits), tant que l’origine de la bactérie n’aura pas été déterminée.

L’étonnement du côté des victimes

Les victimes et les familles ont rapidement réagi aux propos du patron de Nestlé, par l’intermédiaire de leur avocat, Maître Richard Legrand. S’interrogeant sur les raisons de cette prise de parole, l’avocat a fait remarquer : « Ont-ils découvert des choses dont nous ne sommes pas au courant ? ». Disant vouloir rester vigilant quant à la création de ce fonds de soutien « pour que la marque ne se dérobe pas de ses responsabilités », demandant un montant suffisant pour indemniser l’ensemble des victimes. « Christophe Cornu n’évoque dans l’entretien que les victimes du SHU (Syndrome Hémolytique et Urémique)… Or nous souhaitons l’indemnisation de toutes les personnes qui ont eu des symptômes, même dans les cas les moins graves ».