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À l’est comme à l’ouest, les maires souhaitent travailler de concert

Les maires des différentes communes expliquent politiquement les différences entre rive est et rive ouest.
Les maires des différentes communes expliquent politiquement les différences entre rive est et rive ouest. - Archives et Esther Lallier

(De g. à d.  : Michel Béal, Marc Rollin, Didier Sarda, Antoine de Menthon)

Quel que soit l’endroit de la rive ouest, les maires sont d’accord pour dire que les deux sont complémentaires. Cependant, et ça Michel Béal, le maire de Saint-Jorioz, en est plutôt fier, « le cadre naturel est très préservé sur notre secteur et l’activité économique n’est pas liée seulement au tourisme ». Grâce au nombre d’habitants plus conséquent que sur l’autre rive, les services publics et les commerces locaux vivent bien. « Les gens sont de plus en plus tournés vers Faverges et la Savoie que vers Annecy, on s’en rend compte en ce moment », analyse l’édile.

Car ce qui pose problème sur la rive ouest, c’est majoritairement la mobilité. Les élus en sont bien conscients : tant que le réseau de transport collectif n’est pas installé, les usagers de la route continueront de grincer des dents.

Pour autant, Marc Rollin, le maire de Duingt, ne perd pas son humour à l’égard de ses collègues de la rive d’en face : « Ce qu’il y a de plus beau à Talloires, ça reste la vue sur Duingt. » Une manière caustique de rappeler combien il compte préserver le patrimoine naturel et bâti de la commune de Duingt et de ses alentours. Et Michel Béal de conclure, « les habitants se sentent bien, ils voient que nous préservons les grands espaces et nous les gardons publics, c’est très important ».

Et à l’est, comment les édiles voient l’évolution de leur rive ?

Selon le maire de Talloires-Montmin, Didier Sarda, ce qui caractérise d’abord la rive est, et qui fait jalouser celle d’en face, c’est son ensoleillement.

Ce côté du lac est aussi moins urbanisé, de par «  la géographie », avec « beaucoup moins d’espaces disponibles que sur l’autre rive », précise Antoine de Menthon, maire de Menthon-Saint-Bernard. Contrairement à la rive ouest, elle n’est pas non plus concernée par la loi SRU, qui impose un pourcentage de logements sociaux. Avec la loi littorale de 1986, tout ceci a fait que les communes ont pu préserver leurs hameaux et maintenir la vie de village, comme l’expliquent les deux édiles.

Son autre atout  est qu’il y a moins de bouchons. Hormis l’été aux heures de sorties de plage, la rive est du lac est moins engorgée que sa voisine. « On n’a pas ce sentiment d’oppression, et on a la chance d’avoir plusieurs échappatoires, contrairement à la rive ouest », analyse Didier Sarda.

Avec ses spots de parapente, notamment le col de la Forclaz, ses plages ou ses randos, la rive est attire du monde l’été. Tout l’enjeu est qu’elle reste « vivante » et ne devienne pas « une carte postale vide l’hiver », nuance l’élu. Mais « il faut garder un équilibre entre le tourisme et les habitants, bien qu’une bonne partie d’entre eux vit de l’activité touristique », renchérit-il.