«Il n’est pas question de faire disparaître le nom Savoie-Léman», affirme le maire de Thonon

Le lycée hôtelier de Thonon est devenu le quartier général de la milice lors de la Seconde Guerre Mondiale. Des résistants y sont morts.
Le lycée hôtelier de Thonon est devenu le quartier général de la milice lors de la Seconde Guerre Mondiale. Des résistants y sont morts.

Lundi 25 juillet, à l’issue du conseil municipal de Thonon-les-Bains, la liste Nouvelle Ere, menée par Jean-Baptiste Baud, a proposé à ses collègues d’approuver un vœu visant à montrer l’attachement des élus thononais quant au nom de l’école hôtelière de la ville. « Avec le Savoie-Léman, Thonon a la chance de disposer d’un établissement reconnu comme étant l’un des plus réputés du pays, qui est également l’école hôtelière publique la plus ancienne de France. Récemment, une volonté de changement de nom s’est exprimée à travers une demande faite à la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour renommer l’école ‘‘Georges Blanc’’, grand chef étoilé et ancien élève de l’établissement, a lu lors de la séance le conseiller municipal de gauche. Cette demande suscite une large opposition, qui n’est en aucun cas une remise en cause de Georges Blanc, mais qui s’explique par ce que représente le Savoie-Léman. »

Et Jean-Baptiste Baud de rappeler l’histoire de l’établissement, devenu quartier général de la milice lors de la Seconde Guerre Mondiale et théâtre de la mort de résistants, dont six furent fusillés dans la cour de l’école le 26 février 1944. « Témoin de cette période douloureuse et symbole de la Résistance dans notre département, il ne serait pas acceptable que le Savoie-Léman change de nom (…). Aussi, il est important que le conseil municipal prenne clairement position afin de marquer sa volonté de préserver l’histoire du Savoie-Léman et, par là même, celle de Thonon. »

Prise de bec entre Jean-Baptiste Baud et Franck Dalibard

Si Christophe Arminjon, maire, a indiqué à son opposant partager « la totalité de votre avant-propos », il précise également qu’il n’a pas été, officiellement, saisi de ce dossier : « J’attends toujours un courrier de la Région. » Rappelant que c’est à la Région de décider d’un éventuel changement de nom, et pas à la Ville. Et de conclure néanmoins : «  Il n’est pas question de faire disparaître le nom Savoie-Léman. »

Lui aussi d’accord sur ce dernier point, Franck Dalibard, chef de file de la liste ‘‘J’aime Thonon’’, a malgré tout estimé qu’il ne fallait pas « tout mélanger » et « qu’on en fait beaucoup », accusant Jean-Baptiste Baud de vouloir satisfaire son électorat. Rapidement, le ton entre les deux opposants est monté, venant rompre trois heures et demie de conseil à l’ambiance jusque là très détendue. Le premier magistrat les a rapidement rappelés à l’ordre.

Le vœu a finalement été voté à l’unanimité.