Nancy Pelosi s’est rendue à Taïwan, malgré les menaces de représailles chinoises

Nancy Pelosi est la plus haute représentante américaine à se rendre à Taïwan depuis 25 ans.
Nancy Pelosi est la plus haute représentante américaine à se rendre à Taïwan depuis 25 ans. - Photo d’illustration - Flickr

Nancy Pelosi a bravé les menaces. La présidente de la Chambre des représentants américaine s’est rendue à Taïwan mardi 2 août, dans le cadre d’une tournée de plusieurs pays asiatiques.

Si cette visite peut paraître sympathique et innocente, le gouvernement chinois ne le voit pas du même œil. Pékin, qui revendique l’île comme une partie de son territoire, a dénoncé « une grave violation  » des engagements américains et a annoncé des « actions militaires ciblées  » en réponse à cette visite.

« Nous venons en paix »

Nancy Pelosi est la plus haute responsable américaine à visiter Taïwan depuis 25 ans. Lors de sa rencontre avec le vice-président du Parlement taïwanais Tsai Chi-chang, elle déclare « nous venons en amis à Taïwan, nous venons en paix dans la région ».

Peu après son atterrissage, une tribune signée par Nancy Pelosi a été mise en ligne sur le site du Washington Post. Titrée « Pourquoi je dirige une délégation du Congrès à Taïwan », elle souligne le soutien historique des États-Unis envers l’île démocratique à travers le Taiwan Relations Act, adopté il y a 43 ans.

« Aujourd’hui, l’Amérique doit se souvenir de ce vœu. Nous devons nous tenir aux côtés de Taïwan, qui est un îlot de résilience […] Pourtant, ce qui est inquiétant, c’est que cette démocratie dynamique et robuste – nommée l’une des plus libres au monde par Freedom House et fièrement dirigée par une femme, la présidente Tsai Ing-wen – est menacée. »

Bien qu’elle dénonce alors les attaques et pressions répétées de Pékin contre Taïwan, Nancy Pelosi ajoute que cette visite « ne contredit en rien la politique de longue date d’une seule Chine, guidée par la loi sur les relations de Taiwan de 1979, les communiqués conjoints américano-chinois et les Six assurances.  ».

La Chine annonce des « actions militaires »

La semaine dernière, le président chinois Xi Jinping mettait déjà en garde Joe Biden contre un tel voyage, déclarant avec une once de menace que « ceux qui jouent avec le feu finissent par se brûler  ».

Mardi, avant même que l’avion militaire américain, à bord duquel voyageait Nancy Pelosi, n’atterrisse, la Chine multipliait les avertissements. La télévision étatique CGTN annonçait que des « avions de chasse chinois SU-35  » traversaient «  le détroit de Taïwan  », qui sépare la Chine continentale de l’île revendiquée par Pékin.

En réponse à cette visite, la Chine a finalement annoncé des « actions militaires ciblées  ». Un porte-parole du ministère de la Défense chinois déclare que cette opération vise « à défendre résolument la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale et à fermement contrecarrer les ingérences extérieures et les tentatives séparatistes d’indépendance de Taïwan ».

Pékin estime que cette « grave violation » des engagements américains vis-à-vis de la Chine « porte gravement atteinte à la paix et à la stabilité  » régionales. Depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949, Pékin n’a pas réussi à réunifier Taïwan, qu’elle considère comme l’une de ses provinces, avec le reste de son territoire. Le gouvernement est fermement opposé à toute initiative donnant aux autorités taïwanaises une légitimité internationale.