Il menace de mort le patron du Caps puis insulte les policiers

Il menace de mort le patron du Caps puis insulte les policiers

Albertville

Employé du Caps en réinsertion professionnelle, Tony a peu apprécié le 22 juillet qu’un client lui fasse remarquer qu’il passait la débroussailleuse trop près des voitures. Le ton est monté et l’incident a été rapporté au directeur du Caps. Le 29 juillet, ce dernier convoque Tony et l’invite, selon le prévenu, «  à fermer sa bouche » sur un futur chantier. Tony s’emballe, lui dit d’aller « se faire foutre » avant de quitter le bureau «  et par la fenêtre, s’insurge-t-il, il m’a dit, c’est ça, dégage, dégage. Il est qui pour me dire ça  ? J’étais énervé, je lui ai envoyé des menaces de mort, j’avoue. » Une photo de pendu avec quelques lignes du genre : « Tu as voulu parler comme un voyou, tu vas voir ce que c’est un voyou.  »

« Avec le recul, concède-t-il auprès de la présidente du tribunal, je n’aurais pas dû, mais je me suis senti agressé. »

Émilie Aubert s’interroge sur le message renvoyé par Tony alors qu’il était sous bracelet électronique... « Bonjour le message, rétorque-t-il. Voilà deux ans que j’étais tranquille, que tout allait bien dans ma vie et on m’a mis ce bracelet pour une ancienne peine  ! J’avais les nerfs. » Coincé chez lui, raconte-t-il, il s’est remis à boire. Ce qui ne lui réussit pas. Le 3 août, la police passe devant son domicile et l’aperçoit torse nu. Elle effectue un contrôle auquel tente de se soustraire Tony. Le ton monte, il est en ivresse manifeste. Il traite les policiers de « salopes », de « putes ». Interpellé pour outrage, il se débat dans la voiture, jette des coups de pieds partout où il peut. Même le taser ne le calme pas. «  Que faisiez-vous dehors ? », demande la juge.«  Un voisin est venu me voir cagoulé, avec une barre de fer. C’était moi la victime, mais la police n’a pas cherché à comprendre comme j’avais le bracelet électronique. »

« J’ai l’impression qu’il nous prend pour des imbéciles, s’agace l’avocate des policiers, il ne se remet pas en question. Il doit apprendre à se soumettre, à faire valoir ses droits autrement, en restant plus calme.  »

Le procureur Jean Ailhaud, notant que les faits étaient reconnus et caractérisés, sollicite une peine de 6 mois de prison ferme « avec maintien en détention car il est incapable de se tenir sous bracelet  ».

L’avocat de Tony, Claudio Adduci, estime la prison peu appropriée  : « Il a besoin de travailler et de soigner sa problématique alcoolique. »

Le prévenu est condamné à cinq mois de prison, dont trois avec sursis.