Albertville : les Jardins Familiaux contre la sécheresse

Le secrétaire de l’association, Bernard Coutinho, et le président, Noël Sonnery, dans le jardin de ce dernier.
Le secrétaire de l’association, Bernard Coutinho, et le président, Noël Sonnery, dans le jardin de ce dernier.

En remontant l’allée des Jardins Familiaux du Longeray, Noël Sonnery, président de l’association qui gère ces potagers, et Bernard Coutinho, secrétaire, soupirent en constatant les effets de la sécheresse. Beaucoup de tomates, de piments ou de haricots ont brûlé au soleil. « On a réduit drastiquement l’eau, on n’arrose que de 7h à 9h, sinon c’est 1 500 € d’amende. » Dans les jardins du Longeray, une des seules manières de trouver de l’eau, c’est la récupération depuis les toits des cabanons dans des cuves.

Alors pour protéger les cultures et rendre l’arrosage le plus efficace possible, ils ont mis en place différentes méthodes, comme le paillage, qui consiste à couvrir les sols avec des herbes, des feuilles, du foin, du gazon tondu ou encore de l’humus. Il n’y a pas besoin que ce paillage soit humide : « Le rayonnement du soleil sur le sol crée une grosse évaporation, explique Bernard Coutinho. Couvrir, ça garde l’humidité. »

De plus, il faut arroser le plus en profondeur possible. « Cela incite les racines à aller chercher l’eau plus profondément, donc elles ne grilleront pas en surface », explique Bernard Coutinho. Le président Noël Sonnery explique comment créer une dispositif pour arroser facilement en profondeur. « Il suffit de couper le fond ou le haut d’une bouteille, de percer un petit trou en bas et de l’enterrer. On verse de l’eau dedans, et ça la distribuera profondément et progressivement. »

Une méthode simple pour arroser plus en profondeur.
Une méthode simple pour arroser plus en profondeur.

En outre, pour le secrétaire et le président, « un binage vaut deux arrosages ». Il faut donc gratter la terre autour des plantations afin d’aider l’eau à rentrer. « Cela casse les canaux de remontées d’humidité. Mais il ne faut pas trop gratter, sinon la terre sèche plus vite. »

Changer de cultures

Pour le président, c’est certain : les potagers doivent opérer un tournant. « Il faut se mettre à planter des arbres pour faire de l’ombre, limite créer un verger de pommiers et cultiver ses légumes dessous. L’ombre est primordiale, on place déjà des cagettes au dessus des jeunes pousses. »

L’association va se mettre à réfléchir sérieusement au choix des cultures. « On pourrait s’intéresser à des légumes originaires de pays plus secs, avance Bernard Coutinho. J’ai planté des oignons portugais, et ils n’ont pas eu besoin d’eau. » À partir de cette idée, le président et le secrétaire décident de demander aux membres turcs ou thaïlandais de l’association de leur ramener des graines de ces pays secs.

Quand arroser ses plantations ?

En dehors de l’arrêté préfectoral, Noël Sonnery et Bernard Coutinho sont catégoriques : par ce climat, ça ne sert à rien de donner trop d’eau aux plantes.

De plus, il faut proscrire l’arrosage la journée ou même le soir : « La terre est trop chaude, l’eau va s’évaporer trop vite. »

Le meilleur moment pour donner de l’eau à son potager est donc le matin, quand la terre a eu le temps de refroidir pendant la nuit. De cette manière, l’eau aura le temps de pénétrer le sol et d’arriver jusqu’aux racines.