Annecy: il avait fait des attouchements sur la fille de ses amis

L’homme a été condamné à 10 mois de prison avec sursis.
L’homme a été condamné à 10 mois de prison avec sursis.

L’affaire remonte à 2014. Bernard A., âgé de 62 ans au moment des faits, assiste à la montée du Semnoz au niveau de la commune de Quintal, avec des voisins et des amis. Possédant une voiture de course, l’homme propose à la fille d’un couple d’amis proches de l’emmener faire un tour à bord de son véhicule. Âgée de 14 ans à ce moment-là, elle accepte la proposition, connaissant bien Bernard A.

Seulement, quelques jours plus tard, elle se confiera à des amis lors d’un voyage scolaire, sur ce qui semble être des attouchements à caractère sexuel. « Il a posé sa main sur ma cuisse à plusieurs reprises, puis a placé son bras autour de mon cou avant de mettre sa main sur mon sein » a-t-elle relaté lors de son audition. Un discours qu’elle gardera tout au long de la procédure.

Syndrome de stress post-traumatique

Les parents mis au courant, le long combat entre les deux partis va débuter. Ils vont d’abord vouloir régler l’affaire en interne, avec le père de la victime, Bernard A. et un témoin neutre, mais ne parviendront pas à trouver un accord. Le prévenu admet avoir touché la poitrine de la jeune fille, mais « par accident, car la main a glissé », et réfute les accusations d’attouchements de la cuisse. « Nous étions dans une voiture qui est très confinée, nous n’avions pas le choix d’avoir un contact physique » plaidait-il à la barre.

Seulement, la victime ne l’a pas perçu de la même manière. « Elle a confié avoir eu peur tout le long de la promenade en voiture, peur de la violence, eu envie de sortir de la voiture et ressenti un profond dégoût » ajoutait la présidente de la cour. Cauchemar nocturne, trace de traumatisme postréactionnel… La jeune fille connaîtra de nombreuses séquelles suite à ces faits, se renfermant sur elle et obligeant les parents de prendre en charge à 100 % la procédure pénale.

Dix mois de prison avec sursis

Bernard A. était décrit par son entourage féminin de parfois « lourdingue et tendancieux » ayant déjà claqué les fesses de la mère de la victime ou se montrant quelque peu trop tactile avec les femmes. D’autres éléments s’ajoutent également à l’accusation, comme la phrase « ce n’est pas un détournement de mineur » à l’intention d’une personne regardant vers la voiture lorsqu’ils se sont arrêtés à une station-service, ou encore lorsqu’il a vérifié s’il n’y avait pas de tache de cambouis sur la poitrine de la jeune fille, après avoir posé sa main dessus. Des accusations qu’il nie en bloc.

Après cinq ans de procédures, de nombreuses analyses psychologiques et plusieurs renvois d’affaire, Bernard A. a été reconnu coupable d’intention et de gestes à caractère sexuel par le Tribunal de grande instance d’Annecy, ce vendredi 11 octobre, et condamné à dix mois de prison avec sursis, ainsi qu’un dédommagement de 3 500 euros pour rembourser les frais déboursés par la famille de la victime pour la procédure, ainsi que 1 200 euros pour préjudice moral. Il est également inscrit sur le fichier des auteurs d’agression sexuelle.