Bellegarde : après la parution de «La décennie sombre», les témoignages affluent

L’un des deux clichés de la cérémonie de Léaz apportés par Marie-Madeleine Salaneuve.
L’un des deux clichés de la cérémonie de Léaz apportés par Marie-Madeleine Salaneuve.

D’ores et déjà, des compléments abondent sur des aspects de l’histoire abordés dans le livre.

La répression allemande à Vouvray en juillet 1944

Vouvray fut particulièrement touché par la répression lancée par les Allemands en juillet 1944 (l’opération Treffenfeld) pour tenter de détruire le maquis qui avait réussi à libérer provisoirement la région.

Plusieurs de ses habitants étaient engagés dans les opérations clandestines de la Résistance, notamment l’agent de liaison Dino Robotti (cf.p. 100) et le groupe armé dirigé par Rampon. Ces derniers avaient participé aux combats du tunnel de la Crotte les 10 et 11 juillet, aux côtés du groupe Rendu, pour tenter de bloquer la progression des Allemands vers Nantua (cf. p. 154). Les Allemands ciblèrent ensuite particulièrement le village, dont la population était soupçonnée de soutenir les maquisards.

Le 16 juillet, ils arrêtèrent trois jeunes hommes : André Blanc, Aimé Sage et Compiani ; les maisons de la famille des deux premiers ainsi que celle des Brunet furent incendiées. Quelques jours auparavant, ils étaient déjà venus et avaient rassemblé tous les hommes et les avaient menacés de les fusiller afin d’obtenir des informations.

Cet épisode tragique laissa des blessures profondes. En effet, toutes les victimes étaient originaires du village «d’en haut» et certains conclurent que des habitants du village «d’en bas» auraient pu les dénoncer, pour se protéger eux-mêmes, voire par animosité personnelle.

Cérémonie en l’honneur des maquisards au cimetière de Léaz en 1945

Deux clichés ont été apportés au Groupe Mémoire Marie-Madeleine Salaneuve (née Girard). Elles ont été prises dans le cimetière de Léaz en 1945, au début du printemps ou à la fin de l’automne car les arbres n’ont pas de feuilles.

La foule est assemblée en souvenir des morts provoqués par les combats autour du Fort l’Ecluse et la répression allemande contre les civils en juin 1944 (cf. p. 148-151).

Le maire inaugure un monument à la mémoire de Gaston Fertorey, habitant de la commune né en 1913, arrêté pour avoir détenu des munitions des maquisards, déporté à Dachau puis à Mauthausen, où il mourut le 4 novembre 1944. La cérémonie est également marquée par l’inhumation des maquisards tombés aux combats.

Dans un premier temps, ils avaient été enterrés dans une fosse commune.

Leur corps, rendus à la famille, reposent depuis lors dans des tombes individuelles.

Un succès en librairie

Tiré à 3 000 exemplaires, dont 1 400 ont été offerts aux seniors de Valserhône, le troisième opus du Groupe Mémoire, « La Décennie sombre », a connu un incroyable succès en librairie. Du jamais vu, peut-on même dire, dans les annales régionales. En effet, plus de 600 exemplaires ont été vendus en librairie, principalement à Bellegarde (librairie Biguet et Le Marigny), mais aussi à Saint-Genis-Pouilly. Cela entre Noël et fin janvier !

Il en reste, tout le monde sera servi… ou presque !

Les Totorines, sœurs de Victor Freydoz

Le bistrot de Victor Freydoz, place Kléber à Bellegarde, aujorud’hui Victor-Bérard.

Geneviève Rigutto avait contacté le groupe Mémoire et Christophe Vyt a pu la rencontrer quelques jours avant sa mort. Elle était la nièce de Victor Freydoz. « Les Totorines » (cf. p. 111), qui dirigèrent son café après son arrestation et sa déportation en février 1944, n’étaient pas ses filles, mais sa femme et sa sœur. Cette dernière avait quitté la boutique « L’Etoile des Alpes » qu’elle tenait à Farges. Mme Rigutto n’a malheureusement pas pu poursuivre ses explications ; il semble que le frère de Victor Freydoz qui avait une ferme dans le pays de Gex était également engagé dans la Résistance. Le Groupe Mémoire et notre journal renouvellent toutes leurs condoléances à la famille de Geneviève Rigutto.

Laboratoires Sauter : précision

Les laboratoires Sauter, à Bellegarde, sur la rive du Rhône.

Robert Molinatti a également signalé au groupe Mémoire une confusion parmi les employés des Laboratoires Sauter (cf. p. 34).

Le directeur, Edmond Natier était bien un pétainiste et favorable à la Collaboration, qui encouragea ses jeunes employés à partir en Allemagne pour la Relève.

Il reçut cependant une médaille de la Résistance, pour avoir donné de l’essence à des maquisards repliés sur le crêt de Chalam venus lui en réclamer à l’été 1944.

Cela provoqua le dégoût de Robert Molinatti… En revanche, Edmond Natier n’était pas alsacien ; il s’agit de M. Fidelis.

Pharmacien originaire d’Alsace, il avait dû combattre pendant la Première Guerre Mondiale contre la France aux côtés du IIème Reich et il fut favorable à la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale.