L’empreinte Suisse d’Hugo Pratt

La statue de Corto Maltese à Grandvaux.
La statue de Corto Maltese à Grandvaux. - Vasile Cotovanu

« Mes itinéraires dans ma vie ont été compliqués », racontait l’auteur de bande dessinée Hugo Pratt à la télévision française quelques années avant sa mort. Né Ugo Eugenio Prat à Rimini, en Italie, le papa de Corto Maltese a grandi entre Venise et l’Éthiopie. Grand voyageur, il a vécu une dizaine d’années en Argentine à partir de 1949. Mais c’est en Suisse, à Grandvaux, que l’artiste s’établit en 1984, à l’âge de 69 ans. « Le choix d’Hugo Pratt de venir s’installer en Suisse s’est fait en partie par hasard et un peu par commodité », explique Patrizia Zanotti, la directrice de la société qui gère les droits et la postérité de l’auteur. Commodité de la Suisse par sa position centrale entre l’Italie, la France ou encore l’Espagne où l’auteur se rendait souvent.

Mais le dessinateur n’est pas insensible à l’intérêt de la nation helvète. En 1987, il publie Les Helvétiques, une aventure de Corto Maltese qui rend hommage à sa nouvelle nation d’adoption.

« La Suisse est un pays riche de mythes, on y rencontre la mythologie saxonne, mais aussi la mythologie celtique, expliquera-t-il. On dit que Parsifal a parcouru un pays qui pourrait être le Valais et on dit aussi que le Roi Arthur et ses chevaliers sont venus combattre un chat diabolique sur le lac Léman. » C’est alors qu’il est installé en Suisse que Hugo Pratt dessine également Le dernier vol, son album consacré à Antoine de Saint-Exupéry. L’auteur réalise ses dernières aquarelles dans sa maison vaudoise, avant de s’éteindre en 1995.

Le passage d’Hugo Pratt a marqué Grandvaux. Sa tombe, dans le cimetière de la commune, attire les curieux. Une statue de son héros Corto Maltese y est érigée dominant le lac Léman. Et le caveau Corto, en contrebas de Grandvaux, doit également son nom au personnage créé par Hugo Pratt.

Corto Maltese, le marin aventurier

Le héros qui est à jamais associé au nom de Hugo Pratt a fait sa première apparition sous son crayon en 1967, dans « La Ballade de la mer salée ». En 1969, le dessinateur décide de réutiliser son héros pour des bandes dessinées commandées pour Pif Gadget. Le succès du héros grandit vite en France et en Italie, puis se répand dans d’autres pays. Les 29 histoires qui mettent en scène Corto Maltese, le marin au regard pénétrant, l’envoient aux quatre coins du monde.