Thoiry : fausse alerte de péril en montagne, l’auteur du canular était un pompier volontaire

Le Reculet est un site de randonnée très fréquenté malgré son escarpement.
Le Reculet est un site de randonnée très fréquenté malgré son escarpement.

Il était 20h33, samedi 31 décembre, lorsque le centre opérationnel des pompiers de l’Ain recevait un appel alarmant  : un fils les informant que ses parents ont chuté d’un falaise dans le Reculet, le sommet qui domine Thoiry, deuxième plus haut de l’Ain et du massif du Jura après le Crêt de la Neige. « Les pompiers ont aussitôt engagé des secours et nous ont appelés en renfort dès 21 heures, nous explique le commandant Josserand, patron de la compagnie de gendarmerie de Gex. Comme il s’agissait de recherches, nous avons pris la main sur l’opération. »

Une vingtaine d’hommes et un hélico mobilisés

Une dizaine de pompiers et autant de gendarmes ont investi le terrain. Afin de compléter les recherches à pied, l’hélicoptère du Peloton de gendarmerie de haute montagne a été mobilisé. En vain. « Nous avons cessé les recherches à 2h du matin, pour les reprendre partiellement au lever du jour, poursuit le commandant Josserand. Néanmoins, dès le début, un élément nous pertubait  : celui qui avait donné l’alerte était resté anonyme, et surtout ne s’était remanifesté, au moins pour prendre des nouvelles des recherches. Aussi avons nous creusé cette piste plus avant. Dimanche, nous avons réécouté les bandes enregistrées, et discerné des éléments qui pouvaient laisser penser à un canular ».

Aussitôt, une tentative de géolocalisation a été lancée  : « Elle n’a rien donné de concluant, aussi nous sommes nous tournés vers les opérateurs téléphoniques et avons lancé une réquisition pour obtenir l’identité du correspondant. Et nous l’avons trouvé : il s’agit d’un sapeur-pompier volontaire de Thoiry, âgé d’une vingtaine d’années, qui était de service ce jour-là. »

L’homme a été aussitôt placé en garde-à-vue, le 1er janvier au soir. Il a été convoqué devant le tribunal mardi 3 janvier, afin être entendu pour déplacement indus de secours, avant d’être jugé. Il devra expliquer son acte, qui a mis dans la montagne une vingtaine d’hommes et des gros moyens... pour rien.

Une fausse alerte qui peut faire mal

L’auteur du canular encourt deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, selon l’article 322-14 du Code pénal. C’est le prix à payer pour divulgation « d’une fausse information faisant croire à un sinistre et de nature à provoquer l’intervention inutile des secours. »

« De plus, ce soir-là, soir du 31 avec les risques que cela présuppose, nous avions d’autres missions à accomplir que de courir en pure perte dans la montagne », termine le commandant de la compagnie de Gex.