Mis en cause dans un accident mortel, un Thononais risque de la prison ferme

Pour maître Géraldine Gardillou, l’avocate du mise en cause, «
la peine requise est disproportionnée
».
Pour maître Géraldine Gardillou, l’avocate du mise en cause, « la peine requise est disproportionnée ».

Le tribunal de Thonon-les-Bains a été le théâtre d’un procès difficile mardi 15 octobre. Un Thononais de 30 ans était jugé pour homicide involontaire. Les faits remontent à janvier 2019. Alors qu’un touriste britannique rentrait chez lui à pied à 4 heures du matin route de la Plagne à Morzine, l’homme l’a fauché au volant de sa BMW. Le vacancier, un père de famille de 31 ans, est mort sur place des suites de ses blessures.

Projeté à 13 mètres

Durant l’audience, la famille du défunt ne peut contenir ses larmes. « C’est un choc extrêmement violent qui a coûté la vie à Jack Connolly », insiste Valérie Keusseyan-Bonacina, leur avocate. Ce rugbyman d’1,85 mètres et 90 kg a été projeté à 13 mètres par le véhicule du mis en cause. « Une de ses chaussures a été retrouvée à presque 60 mètres du point de choc », indique Annabelle Le Texier, la présidente.

A la barre, le Thononais répond posément aux questions mais il n’a pas toutes les réponses. « Je ne l’ai pas vu. Je ne peux pas expliquer comment c’est arrivé », lâche-t-il. Il explique que cette nuit-là, il rentrait de son travail de DJ dans un bar morzinois lorsqu’il a cru qu’une pierre était tombée sur sa voiture. Ne voyant plus son rétroviseur, il s’arrête pour le chercher sur la route. C’est le corps gisant de la victime qu’il trouvera. Il appelle aussitôt les secours et commence un massage cardiaque. Rien y fait. Le Britannique décède de multiples traumatismes.

Nuit noire

Dès le début du procès, la vitesse du conducteur est mise en cause. Il reconnaît lors de sa première audition qu’il roulait au-dessus des 50 km/h autorisés. Il admettra de lui-même, lors de la seconde, que sa vitesse se rapprochait sûrement plus des 70 km/h. Mais sur cette route des Plagnes, l’éclairage est absent à l’endroit du choc. Et le DJ, contrairement à la victime, n’avait pas bu d’alcool. Jack Conolly avait fait la tournée des bars avec un ami et était ivre sur cette route mal éclairée.

Il résulte que la responsabilité du Thononais a bien été mise en évidence dans l’accident et qu’il roulait trop vite. Etienne Moreau, le substitut du procureur de la République de Thonon, a requis deux ans de prison dont 6 mois ferme et 18 mois avec sursis et mise à l’épreuve. Le délibéré sera rendu le 26 novembre prochain.

Lauren Lacrampe