Sallanches: deux semaines avant démolition du hangar de l’aérodrome

Le site de l’aérodrome couvre 10,2 ha sur les 17,5 ha de la zone des Ilettes.
Le site de l’aérodrome couvre 10,2 ha sur les 17,5 ha de la zone des Ilettes.

Sallanches

«  Des recommandés sont partis pour informer les pilotes de l’aérodrome qu’ils avaient deux semaines pour vider le hangar. Dans deux semaines, on démolit et s’ils résistent on passera par les tribunaux  », lance le maire Georges Morand en ouverture d’une conférence de presse convoquée pour faire le point sur le dossier polémique de l’aérodrome.

« C’est moi le responsable »

Annoncée en mai, cette fermeture n’est toujours pas effective. À en croire le maire, le hangar qui devrait être vide depuis plusieurs mois accueille encore sept appareils au mépris des normes de sécurité. C’est du moins ce que fait apparaître un diagnostic de solidité réalisé en octobre sur le hangar par l’Apave. « Compte tenu des anomalies relevées lors de notre visite, la pérennité de la stabilité de l’ouvrage ne peut actuellement pas être garantie sous les effets des charges climatiques variables, sans renforcement des éléments sous-dimensionnés et modification globale de la charpente. En l’état, il existe un risque pour la sécurité des biens et des personnes sachant que la période hivernale arrive », assure l’Apave dans son avis technique.

En tant que propriétaire, la commune ne peut donc laisser l’accès libre au public sans s’exposer juridiquement. « Si demain, il y a un accident, c’est moi le responsable. Il n’y a pas de décharge possible », tranche Georges Morand.

Reste alors l’hypothèse d’effectuer les travaux et de mettre aux normes le site. Une piste inenvisageable pour la mairie : « Un particulier nous avait démarchés pour reprendre l’aérodrome. Finalement, il ne l’a pas fait mais il nous avait dit que pour le remettre en état, il faudrait plus de deux millions d’euros. C’est trop cher  », conclu le maire.

« Si je dois perdre des voix, je m’en fous »

Reste que si la mairie est déterminée à démolir le hangar, il faudra encore faire avec la piste. Depuis le lancement de cette affaire, l’objectif affiché est toujours d’obtenir la fermeture du site et sur ce point le maire confirme ses intentions. « Nous avons dû reprendre la procédure de zéro. À ce stade, on ne sait pas quand la fermeture interviendra. La décision ne pourra pas être effective avant la fin du mandat. C’est le prochain maire qui décidera. Si ce n’est pas moi, peut-être que l’aérodrome ne fermera pas. Nous sommes en campagne, alors certains qui étaient pour la fermeture du site s’y opposent aujourd’hui. Mais si je dois perdre des voix, je m’en fous. Je fais selon mes convictions », tonne Georges Morand.

Avant de pouvoir envisager concrètement la fermeture, il faudra néanmoins proposer un autre site d’atterrissage : « On peut envisager de trouver un site en herbe sur une zone rouge. Assez loin des habitations évidemment », essaie le maire en reconnaissant qu’il ne s’agissait pour l’heure que d’une hypothèse très vague.