Frontenex : les habitants de plus en plus importunés par les odeurs nauséabondes

Dans l’eau du ruisseau qui se jette dans l’Isère, on aperçoit du papier toilettes, signe de ce qui y est déversé.
Dans l’eau du ruisseau qui se jette dans l’Isère, on aperçoit du papier toilettes, signe de ce qui y est déversé.

«   Ça fait un moment que ça dure, mais avant c’était un coup de temps en temps. On se disait le ruisseau a besoin d’être curé. Maintenant, c’est tout le temps, quasiment tous les jours et c’est une infection », déplore Laurence, une habitante du 25 rue de l’industrie, situé au milieu de la zone d’activité. Elle réside depuis 5 ans dans cette maison divisée en plusieurs appartements juste à côté d’un petit ruisseau qui dégage une odeur pestilentielle. « J’ai un jardin. De l’été, j’ai fait deux barbecues alors que d’habitude on vit toujours dehors », poursuit Laurence. Ludovic son voisin confirme  : « On est obligé de vivre les fenêtres fermées, avec un bâton d’encens allumé en permanence ». Mais il n’y a pas que les habitations qui sont concernés, les activités de la zone, qui pour certaines reçoivent du public sont également importunées. « Ça nous dérange un petit peu, reconnaît Nicolas Chambon de la société MNC, un menuisier qui a son atelier sur place. On essaye de dégager une belle image de notre entreprise, mais avec l’environnement on y arrive plus ou moins. Cet été, j’ai travaillé la porte fermée ». Chez Art et Fenêtre qui dispose d’un show-room dans la zone, Nicolas Latapie se dit gêné aussi. « Dès qu’on ouvre la porte, on la referme aussitôt. Ce n’est pas tous les jours, mais c’est plus souvent qu’avant. Quand les clients arrivent, c’est moyen ». Mais le problème n’est pas qu’au niveau de l’odeur. Les riverains de la rue de l’industrie sont inquiets pour l’environnement. « Cette eau sale, c’est de la flotte qui coule et qui se jette dans l’Isère. Ça craint », dénonce Laurence. « Ce sont quand même des déchets organiques qui se déversent dans le ruisseau, puis dans l’Isère », pointe du doigt Ludovic qui avait demandé un rendez-vous au maire sans résultat. Laurence a croisé le premier magistrat à la braderie de Frontenex  : « Il m’a dit «c’est pas la commune, c’est la communauté d’agglomération Arlysère». Lui, il est en fin de mandat et il ne se représente pas ». Laurence a écrit il y a un mois à l’agglomération, mais n’a pas reçu de réponse pour l’instant.

Michel Rota : «On a cherché d’où provenaient ces odeurs, on a trouvé »

Virginie Pascase

« C’est depuis toujours, assure Michel Rota le vice-président à l’eau et l’assainissement à Arlysère. L’agglomération a pris la compétence et récupère tous ces problèmes. On a cherché d’où provenaient ces odeurs depuis le début de l’année et on a trouvé pourquoi. » Sauf que la recherche des origines de ces nuisances olfactives, est un véritable travail d’enquête qui prend du temps. « Au début, on a pensé qu’il y avait un dysfonctionnement au niveau du poste de relevage [qui se situe juste au bout de la zone industrielle de Frontenex, NDLR].

Le poste de relevage situé juste derrière le bâtiment d’Art et Fenêtre.

Au printemps, on a identifié qu’il y avait une pompe défectueuse que l’on a changé », explique Yann Foucard, chargé d’études et travaux à Arlysère. Seulement, une fois l’intervention faite le problème reste inchangé. « Le trop plein du réseau d’assainissement coule dans le ruisseau de manière régulière. Cela ne devrait pas arriver sauf en cas de forts orages », précise le charge d’études et de travaux. Les techniciens font une enquête pour trouver la source du problème. Ils s’aperçoivent qu’au carrefour de la rue de l’Industrie et des Tilleuls, la cloison entre le ruisseau et la canalisation des eaux usées s’est effondrée. « Ça, c’est résolu depuis fin août. Le poste de relevage fonctionne normalement. Il ne déverse plus dans le ruisseau », garantit le technicien. Sauf que les odeurs persistent. « On s’est rendu compte qu’elles arrivaient du ruisseau. On a ouvert toutes les bouches-d’égout de la rue des Tilleuls. On a découvert qu’au croisement de la rue des Tilleuls et de la rue de la gare, une canalisation d’eaux usées était branchée sur le réseau d’eaux pluviales par erreur », précise le technicien. Les travaux sont programmés pour le mois de novembre et le problème devrait être résolu d’ici la fin de l’année après le curage du ruisseau.