Passy : dans les coulisses de l’incinérateur de déchets

En maintenance du 28 septembre au 11 octobre, le SITOM (Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères) des Vallées du Mont-Blanc a ouvert ses portes à la presse pour une visite de ses locaux mais aussi de son four d’incinération qui fait tant parler dans la vallée.

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Une vaste opération

de contrôle

des équipements

Deux fois par an, l’activité de l’incinérateur de déchets est stoppée afin d’effectuer différentes opérations de maintenance et de contrôle des équipements. «  Durant ces contrôles, le site accueille plus de 100 personnes en plus des 30 salariés, venues de diverses entreprises, il y a notamment des chaudronniers, des électriciens mais aussi des cordistes pour atteindre les parties hautes du four », explique Jocelyn Lévêque, responsable d’usine pour SET Mont blanc, l’exploitant du site.

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L’incinération

des déchets :

comment ça marche ?

Les déchets n’ayant pas été valorisés par recyclage sont incinérés dans un four de plus de cinq mètres de haut, dans lequel plusieurs matières sont mélangées pour permettre la combustion. Celle-ci se fait par le biais de gros brûleurs à gaz qui servent à lancer la combustion et permettent à la température de monter jusqu’à 950Cº. Le feu est ensuite alimenté par de l’air qui arrive sous les grilles et permet de maintenir la combustion. Au total près de 60 000 tonnes de déchets sont incinérées à Passy tous les ans. « Nous recevons des déchets de tout le territoire du Sitom, à savoir les territoires des communautés de communes du Val d’Arly, de la vallée de chamonix et du Pays du Mont-Blanc, car nous avons une importante capacité de tonnage », explique François Pyrek, directeur Auvergne Rhône-Alpes de Suez recyclage et valorisation. Sur les 60 000 tonnes de déchets incinérés, il reste ensuite, après combustion, un peu plus de 10 000 tonnes de mâchefers qui servent à la réfection des routes, 1 000 tonnes de ferrailles qui sont ensuite recyclées et 2500 tonnes de résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères (REFIOM), résidus hautement toxiques, envoyés dans un centre de stockage des déchets dangereux à Drambon, près de Dijon.

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La chaleur de l’incinérateur

transformée

en électricité

La combustion des déchets à une température de 950Cº créée une chaleur qui permet de faire bouillir de l’eau et donc de créer de la vapeur. Cette énergie fait ensuite tourner une turbine, reliée à un alternateur. Chaque année, près de 27 000 kilowattheures sont produits soit le besoin en électricité de 35 000 personnes.

Une situation géographique critique

Si le SITOM est souvent montré du doigt comme étant partiellement responsable de la dégradation de la qualité de l’air dans la vallée de l’Arve, les rejets de son incinérateur sont néanmoins en dessous des seuils autorisés par la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement). La principale problématique du site de Chedde réside en fait dans son positionnement géographique. Le centre d’incinération du SITOM étant coincé en fond de vallée, ses rejets de polluants ne peuvent pas se répartir largement dans l’air environnant et risquent, selon la météo, de se concentrer sur une zone atmosphérique restreinte.