Pays de Gex : des vétérinaires nous éclairent sur les animaux et le Covid-19

Si vous êtes amené à héberger temporairement le chien de quelqu’un d’autre, un lavage peut être approprié.
Si vous êtes amené à héberger temporairement le chien de quelqu’un d’autre, un lavage peut être approprié.

Dans l’hexagone, certains vétérinaires rapportent avoir affaire à des cas auxquels ils n’étaient pas habitués jusqu’alors… Laver un animal à l’eau de javel pour lui retirer une éventuelle trace de coronavirus est une très, très mauvaise idée. Cela peut lui brûler la peau. Oubliez également une désinfection par gel hydroalcoolique. Votre animal, pour se nettoyer comme il a l’habitude de le faire, se léchera le pelage. Avec une telle substance sur les poils, il a de forte chance de faire un coma éthylique (oui oui !).

Des questions, plein de questions !

Des actes comme ceux-ci n’ont pas été constatés par les vétérinaires de notre territoire que nous avons interrogé. Mais ça existe ailleurs en France. « Cassons le mythe : ça reste des cas isolés », assure le Dr Michaud, vétérinaire à Anima Vet à Saint-Genis-Pouilly. Et d’ajouter : « En revanche, les gens se posent effectivement des questions en ce moment. Un coup de fil sur trois à la clinique provient de personnes qui ont besoin de conseils sur ce qu’il faut faire ou non pendant le confinement avec un animal, sur les sorties autorisées ou non, pour connaître les risques pris lors d’une promenade… »

Des virus différents

Le professionnel de la santé est ferme : « Nous n’avons aucune preuve qu’un animal peut transmettre le virus. Le coronavirus est une famille de virus connue depuis très longtemps chez les animaux. A l’intérieur de cette famille, nous retrouvons plusieurs sous-familles: ceux qui atteignent nos compagnons n’a rien à voir avec le virus responsable de la pandémie actuelle. » Un dire confirmé par ses confrères du cabinet de Le Rhône à Valserhône : « Le virus dont peuvent être atteints les animaux ce n’est pas le même que le Covid-19. Selon les premiers retours que nous avons, et tout ça et encore assez flous, l’humain peut donner le virus à l’animal mais pas l’inverse. »

Le Dr Michaud précise : « Tout ce que nous savons, c’est que le Covid-19 peut résister quelque temps sur certains matériaux. Il peut donc se retrouver sur du poil de chien. Mais la probabilité qu’un chien en balade marche pile dans un crachat d’une personne positive au virus, qu’il rentre à la maison et qu’il soit caressé par un homme qui contracte le virus ensuite, est assez faible ! Si on respecte les mesures d’hygiène basiques, tout devrait bien se passer. On touche son animal, on se lave les mains, et on n’a pas de souci ! »

Pas de javel !

Pour les personnes qui souhaitent, tout de même, laver leur compagnon à quatre pattes, les vétérinaires interrogés indiquent que cela doit être fait avec un savon ou un shampoing adapté aux animaux. Ces derniers ont la peau bien plus fragile que les humains ! Liquide vaisselle ou autres produits nettoyants sont à proscrire.

Allez, essayons de laisser un peu ces bêtes tranquilles et attelons-nous à nous laver les mains aussi souvent que possible !

Une bonne partie des interventions à l’arrêt!

L’Ordre national des vétérinaires a rapidement donné des consignes. Toutes les interventions non urgentes sont repoussées. Les vaccins (sauf cas très particuliers) seront administrés plus tard, y compris pour les jeunes animaux. Seules les opérations strictement nécessaires ou encore les actes en cas de blessures ou d’accidents peuvent être réalisés. Le renouvellement des traitements indispensables à la bonne santé de l’animal fait également exception (en cas de problèmes cardiaques par exemple).

Au cabinet Le Rhône, les équipes de travail se sont réorganisées : « Nous fonctionnons en duo : un vétérinaire et un auxiliaire spécialisé vétérinaire (ASV). D’habitude nous pouvons être jusqu’à trois vétos et deux ASV. Les duos sont toujours les mêmes : un vétérinaire va toujours travailler avec le même ASV. Si une personne attrape le virus, un seul binôme s’arrête de travailler et le cabinet continue de fonctionner. Avec les clients, tout s’effectue sur rendez-vous, même pour venir chercher un paquet de croquettes ! Comme ça, les gens viennent un par un.  »

Autre méthode à la clinique Anima-Vet de Saint-Genis, mais l’objectif est le même : éviter toute contamination pour nos clients et notre équipe soignante. «  Le client appelle pour prendre rendez-vous. Si cela concerne un animal qui a, a priori besoin de soins, on envoie au propriétaire un document sur lequel il note les symptômes. Après cet échange, il pose son animal à l’entrée de la clinique, une assistante le réceptionne, on fait l’examen clinique, puis on rappelle le propriétaire pour lui expliquer ce qu’il en est (s’il y a besoin de faire d’autres tests, d’opérer…). Ensuite le client va régler à un comptoir extérieur. Tout se fait sans contact. On ne prend plus les chèques ni les espèces. »

Une bonne chose dont il ne faut pas abuser…

Le Dr Michaud tient à souligner un point concernant les balades des chiens. « Les maîtres vont, honnêtement, plus souvent que d’habitude, se promener avec leur chien dehors. Mais ce n’est pas une bonne idée. Il est normal que l’animal soit sorti, mais il faut vraiment limiter le nombre de balade et surtout, lors des promenades, il faut éviter le contact entre les chiens eux-mêmes, ainsi que les contacts entre les chiens et les humains. Les gens ont tendance à caresser les chiens lors des promenades. Mais si le propriétaire du chien est infecté par le Covid-19, son compagnon peut présenter du virus sur son pelage, et le geste d'attention pourra exposer son auteur à l'infection s'il ne respecte pas les gestes barrière. » Le chien ne transmet pas, lui, directement, le Covid-19, mais son pelage peut le porter, et passer d’homme en homme.

De plus, les promenades peuvent engendrer des bagarres entre bêtes et donc, un passage chez le vétérinaire qui rompt le confinement.