Fermeture des marchés : quelles conséquences pour les producteurs du Pays de Gex ?

André Blanc, Christophe Dehlinger accompagné de ses deux enfants.
André Blanc, Christophe Dehlinger accompagné de ses deux enfants.

En plus de travailler pour les crèches et les écoles aujourd’hui fermées, Haitem El Blidi et sa société Comptoirs et Saveurs (fruits et légumes) ont grandi sur les marchés de Ferney, Divonne et Bellegarde. Pas question pour ce patron optimiste de se laisser abattre ! «   On devrait être remboursés à hauteur d’environ 50 % de notre chiffre d’affaires. On n’est pas à plaindre vu le nombre de personnes qui risquent de rester sur le carreau après cette crise, confie-t-il. Et puis, nous avons assez rapidement changé notre fusil d’épaule ! On s’est lancés dans la livraison de paniers. Comme beaucoup de gens, je me suis dit qu’on devait être solidaires, donc on a réorganisé notre travail. Je ne suis pas l’Abbé Pierre, les paniers servent évidemment à minimiser les impacts économiques pour la société, mais je pense sincèrement que ça peut aider des gens, y compris des personnes âgées à qui il est conseillé de rester chez elles. » Si le marchand garde le sourire, il évoque la situation de son père, qui lui aussi fait les marchés, mais depuis bien plus longtemps : « Mon père vit en grande partie grâce aux marchés. Aujourd’hui, avec cette crise, il ne fait rien. Il a huit enfants, on essaie de se serrer les coudes pour lui payer en partie son loyer, ses charges… »

… et on reste optimistes !

L’exploitation maraîchère tenue par la famille Blanc-Dehlinger, à Chevry, va souffrir de la fermeture des marchés : «   Ça nous retire 70 à 80 % des revenus. La première bouée est le magasin de producteurs à Farge, s qui fonctionnent vraiment bien depuis plusieurs semaines. Il nous maintient en partie à flot. Le côté positif à cette période se traduit par l’obligation de trouver des nouveaux moyens de distribution. J’ai commencé à vendre des produits chez Migros à Val Thoiry et je suis en discussion avec Intermarché de Saint-Genis. En plus, les gens changent un peu leurs habitudes ; j’ai quatre ou cinq personnes par jour qui téléphonent pour acheter des salades ou des radis. Ça a déclenché de nouvelles pratiques. Peut-être que ces personnes resteront des clients ! ».