Le Léman n’a pas été réoxygéné en profondeur depuis 8 ans

Le Léman n’a pas été réoxygéné en profondeur depuis 8 ans

Chaque hiver, sous l’effet du refroidissement des températures de l’air et des vents, un brassage des eaux a lieu dans le Léman. « Lorsque les eaux de surface se refroidissent, gagnant ainsi en densité, celles-ci plongent vers les profondeurs, poussées également par les vents favorisant les mouvements. L’intérêt de ce phénomène est important pour la bonne santé du Léman car il permet d’apporter de l’oxygène dans les couches profondes », explique la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (Cipel).

Mais cet hiver, le brassage ne s’est effectué que sur un tiers de la profondeur du lac, soit une centaine de mètres (la profondeur maximale du lac étant de 309 mètres). C’est peu. Le problème est que ce phénomène se répète depuis 2012, date du dernier brassage complet du Léman. C’étai tout de même mieux en 2017 : les eaux du Léman s’étaient alors mélangées jusqu’à 200 mètres de pronfondeur.

« En conséquence, le taux d’oxygène au fond du Léman reste faible, pouvant favoriser la libération du phosphore piégé dans les sédiments, poursuit l’organisme, basé à Nyon. Or, une augmentation des concentrations en phosphore dans les eaux n’est pas souhaitable. En effet, l’eutrophisation, mal typique dont souffrent de nombreux lacs, est due à un apport excessif de phosphore, issu principalement des rejets d’eaux usées domestiques. Cet excédent de phosphore conduit à la prolifération des algues. En fin de vie, lorsque ces algues se déposent au fond du lac, leur décomposition consomme de l’oxygène, ce qui accentue le déficit en oxygène dans les eaux profondes. »