(VIDEO) Allinges : face à ‘‘l’agri-bashing’’, il ouvre sa ferme au public

Mardi 22 octobre, Emmanuel Dubouloz a ouvert les portes de son exploitation au public, qui compte plus d’une centaine de bêtes.
Mardi 22 octobre, Emmanuel Dubouloz a ouvert les portes de son exploitation au public, qui compte plus d’une centaine de bêtes.

En plus de l’inconsidération dont ils estiment être victimes, les agriculteurs sont souvent la cible de critiques et de remarques. Face à un «agri-bashing» ambiant, les Jeunes Agriculteurs de Savoie & Haute-Savoie et la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) ont décidé de mener une opération «Fermes ouvertes» pour expliquer leurs métiers, « plutôt que de bloquer les axes de circulation ». Mardi 22 octobre, elle s’est déroulée chez Emmanuel Dubouloz, au Gaec de Lassy, à Allinges. Une exploitation spécialisée dans l’élevage de vaches laitières et la production de pommes de terre.

Pourquoi avoir accepté de participer à cette journée ?

Aujourd’hui, on est touché par plusieurs problématiques, locales ou nationales. On veut faire part de nos revendications mais aussi se faire comprendre des gens, qu’ils prennent conscience qu’on ne fait pas n’importe quoi. C’est très important pour nous.

Il y aurait donc une incompréhension de la population vis-à-vis de votre métier ?

Oui, et elle est totale. Que ce soit sur l’utilisation des pesticides, la qualité de nos produits ou nos façons de travailler. On fait tout ce qu’on peut pour faire au mieux, il ne faut pas qu’ils s’informent sur Internet. Par exemple, j’ai totalement renouvelé mon matériel pour le foin. J’essaie de travailler sur la qualité, de réduire les produits phytosanitaires, d’avoir des terrains plus sains. Mais, par exemple, pour réussir à passer en agriculture de conservation avec des terres peu labourées, ça nécessite des amendements organiques, qui ont un léger impact olfactif. On ne peut pas faire de miracles et tout ça prend du temps.

Vous vous opposez aux accords de l’Union Européenne avec le Mercosur et ceux du Ceta, pourquoi ?

Nous, on nous prône qu’il faut faire de la qualité. On y est d’ailleurs obligé en AOC (appellation d’origine contrôlée). Et là, on veut importer encore plus facilement des produits qui ne respectent en rien nos valeurs. Au Canada, les antibiotiques et les OGM sont autorisés. Dans certains pays d’Amérique du Sud, les pesticides et les OGM sont utilisés à outrance. La rentabilité passe avant la qualité. Et on fait rentrer sur notre territoire ces matières premières à bas coût. Ce n’est pas normal.

A une échelle plus locale, vous dénoncez aussi les dégâts causés par les sangliers…

Sur la commune d’Allinges, c’est notre plus gros problème. Les sangliers détruisent des prairies, ce qui ramène de la terre dans le fourrage, fait moisir notre foin et peut engendrer une baisse de la qualité de nos produits, donc moins de clients. Mais tant que la fédération de chasse de Haute-Savoie et les associations locales de chasse ne se seront pas mises d’accord pour établir un plan commun, ça continuera…